Vaudoo Freaks

Parade Vaudoo Décalée, de jour comme de nuit

(english version below)

Spectacle déambulatoire mettant en scène des prêtres vaudous décalés, prenant à parti le public dans leur délire mystique. Les artistes (comédiens et échassiers) défilent autour d’un étrange véhicule qui diffuse la bande son de ce périple hors norme ainsi qu’une certaine odeur d’ailleurs. Le projet s’adresse tant à un public de curieux s’étant déplacés pour y assister, qu’aux passants interloqués par cette rencontre improbable qui bouscule leur quotidien.

Quelle est donc cette étrange procession ?
Est-ce un cortège funéraire ?
Un cercueil qui circule ?
Quelle espèce de célébration macabre se déroule juste sous nos yeux ?

     De bien étranges personnages grotesquement grimés, au regard vif et brillant, à la tenue sombre, racée et baroque, arpentent la rue, purifiant le sol d’un incongru mélange de rhum et d’eau avec lequel ils vous invitent à vous laver les mains. Ce sont des prêtres du vodoun, les messagers d’un art de la médecine, une philosophie, une culture, une pratique de la  danse, de la musique et du langage, un style particulier de justice et de pouvoir, une tradition de communication avec l’Au-delà.

     Pour chasser les mauvais esprits, ils fouettent l’air et les corps des badauds à l’aide de branchages, tout en répandant une étrange poussière autour d’eux. Du hauts de leurs échasses, ils veillent l’arrivée des lwas , scandant Mami Wata, Gu, Erzulie et Damballa. Ces esprits vaudou de l’eau, du tonnerre, de l’amour et de la connaissance semblent flotter invisibles au-dessus de ce char bigarré, surplombé de cranes d’animaux et de poupées inquiétantes, faites de paille et de tissus, le tout éclairé de flammes et nimbés dans un nuage de fumée. Cette tribu vodoun qui célèbre Mawu, l’inaccessible, en appelle à papa Legba pour ouvrir les portes des mondes : le nôtre et celui de l’invisible.

     Et voilà qu’ils s’agitent. Une incorporation est imminente, un esprit a fait part de sa volonté d’ «atterrir» dans le corps d’une personne et voilà celle-ci au cœur d’un rituel fait de mille attentions intrusives.
Psalmodies, décoiffage, caresses, manipulations abruptes, léchage de la peau jusqu’à ce qu’ils se mettent à vivre une bacchanale orgiaque faite de cris et de grimaces soutenue par une musique faite de chant et de percussions. Un esprit vient de posséder l’un des prêtres. Et voilà que l’esprit d’un Lwas nous offre ses surprenantes et incompréhensibles révélations, demande à fumer, à manger ou à boire et s’exprime comme un ancien général arrogant et autoritaire ou comme une vielle femme indigente. La possession terminé, voilà notre possédé titubant et hagard, pris en charge par cette surprenante meute qui repart en quête de contact avec d’autres esprits, un peu plus loin dans la ville.

Walk-act Performance about Voodoo (day or night)

What the hell is that strange procession ?
Is it a funeral cortege?
A coffin circulating ?
Which kind of macabre celebration is unfolding right before our eyes ?

Such weird characters, grotesquely maked up, with a keen and shining gaze, in dark streamlined suits, are striding along the street. They are purifying the floor with an incongruous mix of rum and water, inviting you to wash your hands with it.

They are voodoo priests, messengers of an art of medicine, a philosophy, a Culture, a skill of dance, music and language, a particular kind of justice and power, a tradition of communication with the hereafter.

In order to purchase bad spirits, they flog the air and onlookers’s bodies with branches, while spreading a strange dust all over.

     From atop their stilts, they look after the Lwas, chanting Mami Wata, Gu, Erzulie and Damballa. These voodoo spirits of water, thunder, love and knowledge seem to be floating over this assorted trolley, overhanged by animals’ skulls and scaring dolls made of straw and fabric, all lighten by flames and encircled by a cloud of smoke.

     This Voodoo tribe celebrating Mawu, the inaccessible, appeal to Papa Legba to open the gates of the worlds : our’s and the invisible’s one.